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Science ouverte

Sommaire

  1. Grands mouvements
    1. Science ouverte
    2. Libre accès
    3. Innovation ouverte
      1. Origines
      2. Economie
      3. Critique
  2. Termes clefs
    1. Ouverture
    2. Licence libre
      1. La General Public License
      2. Les licences Creative Commons
      3. Le domaine publique
    3. Données publiques
    4. Données ouvertes
    5. Ethique
  3. Type d’actions conjointes
    1. Collaboration
    2. Coopération
  4. La science ouverte : un phénomène émergent et en cours d’organisation

Grands mouvements

Science ouverte

1. Une science ouverte à des scientifiques ou utilisateurs de tous les pays (vs censure, boycott, prix d’accès prohibitifs).

2. Une science exposée à l’étude et à la critique du grand public et des sciences sociales. (autorisant des images et des points de vue différents que ceux que les scientifiques en donnent eux-mêmes.) Cf les démarches d’épistémilogie des sciences, sciences technologies et société)

3. Une démarche de recherche scientifique (Open science/Open research en anglais) conduite dans un esprit non-concurrentiel (au sens commercial du terme) et collaboratif, utilisant des medium de travail en commun, notemment des logiciels libres, pour partager:

  • les données de la recherche (les données primaires de la recherche étant affichées, elles peuvent être corroborées, critiquées ou interprétées par quiconque possédant l’expertise ou la compétence nécessaire, qui peut alors participer à l’effort de collaboration.)
  • des expériences (un projet relevant de la science ouverte découle généralement de nombreuses contributions plutôt que de l’effort d’un petit groupe)
  • le produit final (les résultats pratiques et les analyses relèvent d’une confrontation et/ou d’une collaboration entre différents contributeurs)
  • des publications accessibles, utilisables par tous

Le tout dans le respect des règles d’éthique (confidentialité, reconnaissance des contributions, citation des sources, etc.).

Libre accès

Le libre accès (en anglais : open access) designe la mise à disposition en ligne de contenus numériques, notamment pour des articles de revues de recherche universitaires, sélectionnés par des pairs.

Une des premières déclarations internationales majeures sur le libre accès, qui inclut une définition, une information de fond et une liste de signataires, est l’Open Access Initiative de Budapest de 20011. Ce rassemblement est reconnu comme le premier rassemblement historique fondateur du mouvement libre accès.

Une seconde initiative internationale majeure, datant de 2003, est la déclaration de Berlin sur le libre accès à la connaissance en sciences et sciences humaines2. Elle est construite et basée sur la définition issue de l’Open Access Initiative de Budapest. Cette déclaration est fondatrice du mouvement libre accès.

Il existe deux types de libre accès avec de nombreuses variations.

  • La voie « or » : Les « revues en accès ouvert» (« Open access journals »). Les revues rendent leurs articles directement et immédiatement accessibles au public. Un exemple de publications en libre accès est la revue Public Library of Science.
  • La voie verte: L’auto-archivage. les auteurs déposent des copies de leurs articles sur une page personnelle ou une archive ouverte. Un des principaux partisans de la « voie verte » est Steven Harnad8, et cela depuis 1994.

Le libre accès est actuellement à l’origine de beaucoup de discussions entre universitaires, bibliothécaires, administrateurs d’universités et politiques. Il existe un désaccord substantiel sur le concept de libre accès, avec un grand débat autour de sa rémunération économique.

Innovation ouverte

Origines

L’innovation ouverte ou innovation distribuée est un terme promu par Henry Chesbrough, professeur et directeur du centre pour l’innovation ouverte à Berkeley.

C’est un mode d’innovation basé sur le partage, la collaboration et la sérendipité, à la fois compatible avec une économie de marché (via les brevets et licences), ou d’Intelligence économique, mais cette approche permet aussi des démarches basées sur des alternatives éthiques ou solidaires (économie solidaire) de partage libre des savoirs et savoirs-faire modernes ou traditionnels, avec notamment l’utilisation de licences libres dans un esprit dit ODOSOS (qui signifie : Open Data, Open Source, Open Standards).

Elle peut concerner tous les domaines de la recherche.

Economie

Dans sa matérialisation économique, elle se traduit souvent par des plates-formes et outils d’échanges de type Give and Get (donner/recevoir) ou des plates-formes mutualisées d’innovation. Dans certains cas, par exemple pour les prix (allant jusqu’à 1 million de US dollars) délivrés par l’InnoCentive, il s’agit d’inviter les « esprits créatifs » à trouver les meilleurs chances de résoudre le mieux possible, et le plus vite possible les problèmes les plus graves que l’humanité doit affronter1 (problèmes de biodiversité, pollution, climat, santé environnementale, alimentation, développement, éducation). Dans ce cas, en échange des bourses scientifiques qui sont offertes aux chercheurs retenus, il leur est demandé de publier leurs résultats sous une licence perpétuelle, libre, gratuite2,3.

Selon les cas, cette approche peut être considérée comme innovante et altruiste, ou comme un moyen de gratuitement améliorer ou externaliser des fonctions qu’une entité assumait plus ou moins bien.

Critique

La notion d’open innovation a aussi ses critiques. Ainsi, des chercheurs en innovation soulignent que Chesbrough a créée une fausse dichotomie entre les firmes qui suivent aveuglément leur agenda de R&D et les autres firmes ouvertes sur l’extérieur (Trott et Hartmann, 2009). D’autres chercheurs critiquent le caractère « universel » de l’open innovation en s’appuyant sur des exemples d’industries fermées (industrie pharmaceutique, militaire) inadaptées à ce mode de valorisation ou sur des entreprises réputées pour le cloisonnement de leur R&D et pourtant affichant une performance record (Apple Inc.) (Benkeltoum, 2011 : 205-213).

En pratique, l’innovation ouverte se confond parfois avec le crowdsourcing : une entreprise fait faire un ensemble de tache et de recherche par des membres extérieurs, et en récolte les bénéfices sans qu’on se situe dans une démarche de mise en partage pour le public.

 

Termes clefs

Ouverture

Le caractère « ouvert » d’une recherche ne signifie cependant pas qu’il y ait abandon de la propriété intellectuelle, mais simplement sa lisibilité et son partage. Des licences libres ou ouvertes permettent de préciser le choix de droit d’auteur (et de droit d’usage)

Licence libre

Pour que les données, les travaux, les recherches soient utilisables par le publique, il est nécessaire de définir un cadre d’utilisation. Parmi les licences libres les plus connus, notons :

La General Public License

La Licence publique générale (GPL) est une licence qui fixe les conditions légales de distribution des logiciels libres. . Richard Stallman et Eben Moglen, deux des grands acteurs de la Free Software Foundation, en furent les premiers rédacteurs. Son but est de garantir à l’utilisateur les droits suivants (appelés libertés) sur un programme informatique:

  • La liberté d’exécuter le logiciel, pour n’importe quel usage ;
  • La liberté d’étudier le fonctionnement d’un programme et de l’adapter à ses besoins, ce qui passe par l’accès aux codes sources ;
  • La liberté de redistribuer des copies ;
  • La liberté de faire bénéficier à la communauté des versions modifiées.

Pour la première liberté, cela exclut donc toutes limitations d’utilisation d’un programme par rapport à l’architecture (notamment le processeur et le système d’exploitation) ou à l’utilisation qui va en être fait.

La quatrième liberté passe par un choix : la deuxième autorisant de modifier un programme, il n’est pas tenu de publier une version modifiée tant qu’elle est pour un usage personnel ; par contre, en cas de distribution d’une version modifiée, la quatrième liberté amène l’obligation à ce que les modifications soient retournées à la communauté sous la même licence.

Les licences Creative Commons

Les licences Creative Commons constituent un ensemble de licences régissant les conditions de réutilisation et/ou de distribution d’œuvres (notamment d’œuvres multimédias diffusées sur Internet).

Six possibilités combinées autour de quatre pôles définissent les différents usages :

  • Attribution : signature de l’auteur initial (ce choix est obligatoire en droit français) (sigle : BY)
  • Non Commercial : interdiction de tirer un profit commercial de l’œuvre sans autorisation de l’auteur (sigle : NC)
  • No derivative works : impossibilité d’intégrer tout ou partie dans une œuvre composite ; l’échantillonnage (sampling), par exemple, devenant impossible (sigle : ND)
  • Share alike : partage de l’œuvre, avec obligation de rediffuser selon la même licence ou une licence similaire (version ultérieure ou localisée) (sigle : SA)

Exemple de combinaison : Creative Commons BY-NC-SA.

Le domaine publique

Ce qui releve du domaine publique n’est pas soumis à un droit d’auteur. La paternité de l’oeuvre/du travail n’est plus reconnu: cela devient un bien commun, appartenant à tout le monde, hérité de l’humanité en quelques sortes. Selon les pays, il est plus ou moins possible de faire entrer une oeuvre dans le domaine public. La licence CCO permet de dégager une oeuvre de tout rapport de paternité.

Données publiques

Depuis les années 2000, le droit administratif de plusieurs pays et de l’Union européenne a cherché à s’adapter aux NTIC en demandant aux administrations de mettre à disposition de tous les données publiques, via l’internet et le Web 2.0 notamment.

Données ouvertes

Une donnée ouverte (en anglais open data) est une information publique brute, qui a vocation à être librement accessible et réutilisable. La philosophie pratique de l’open data préconise une libre disponibilité pour tous et chacun, sans restriction de copyright, brevets ou d’autres mécanismes de contrôle.

En informatique, l’open data est une information structurée publique ou privée et généralement non utilisable par un humain mais interprétable par une machine.

La lutte pour les données ouvertes s’est surtout articulée autour des donnnées du secteur public avec les notions de e-gouvernement ou encore d’e-démocratie, puis particulièrement celles des instituts de recherche scientifique avec la libre diffusion des résultats de recherches. Elle s’inscrit dans une démarche plus vaste de transparence et de participation des citoyens que l’on retrouve dans toutes les politiques d’ouverture des droits.

En 2010, Tim Berners-Lee a donné une échelle de qualité des données ouvertes qui va de 0 à 5 étoiles.

★ Vos données (non filtrées c’est-à-dire dégradées) sont en ligne quel que soit leur format (n’importe quel format)

★ ★ Vos données sont disponibles sous forme de données structurées (par exemple données tabulaires en CSV, XML, Excel, RDF)

★ ★ ★ Vos données sont libres d’être exploitées juridiquement (voir la partie sur les licences) et techniquement dans des formats non-propriétaires (notamment pas Excel)

★ ★ ★ ★ utiliser des URL pour identifier vos données, de sorte que l’on puisse pointer dessus

★ ★ ★ ★ ★ lier vos données à d’autres personnes pour fournir un contexte à ces données

… cette catégorisation est en lien avec le mouvement du Web Sémantique dont Tim Berners lee est l’un des acteurs importants.

Ethique

De même, les données ne sont pas toutes rendues accessibles. Certaines, par exemple relatives à la vie privée, risquant de mettre en péril des populations ou individus, des habitats ou espèces menacées, ou encore susceptibles d’usage mafieux ou terroriste, peuvent être exclues de la diffusion par une démarche éthique volontaire des auteurs et contributeurs.

Un argument éthique souvent avancée en faveur de la science ouverte est que l’argent publique devrait servir à faire avancer une connaissance accessible au publique. Cette prise de position est porté par le mouvement du libre Accès.

 

Type d’actions conjointes

Collaboration

Travail associant plusieurs participants dans un même labeur. En général, le résultat ne parmet pas de distinguer qui a fait quoi : c’est devenu une oeuvre collective, un projet commun. Certains domaines scientiques ont des processus plus ou moins propices à la collaboration. Ainsi, il est courtant d’avoir de nombreux auteurs associés à un domaine de sciences dures (Natural sciences and Engenering) alors que ce phénomène est beaucoup plus restreint en sciences sociales, voir très rare en histoire.

Coopération

Tâche associant de façon souvent ponctuelle plusieurs acteurs. Le travail, la responsabilité ou le role de chacun reste souvent repérable. On emploi souvent ce terme dans une démarche d’aide ou d’échange dans lequel l’apport d’un ou de chacun des participants doit être distinctement rendu visible.

 

La science ouverte : un phénomène émergent et en cours d’organisation

(recopié de wikipédia) Dans les années 1990-2000 surtout, avec l’avènement et la démocratisation de l’informatique, des réseaux se sont organisés, sous forme non gouvernementale (ONG), avec par exemple [The Open Research Society] ONG indépendante, qui promeut des sciences et une recherche « ouvertes ». Certains réseaux de scientifiques dits « open scientists » chez les Anglo-Saxons s’appuient sur une ONG [Open Scientists], se construisant autour de wikiversity.

Une branche de Creative Commons s’est spécialisée dans la science et la recherche « ouvertes » [Science Commons] ; branche de Creative Commons spécifiquement dédiée à la science ouverte et à une recherche ouverte. alors que certains groupes se spécialisent dans la création d’outils collaboratifs [Outils-réseaux] créé par les informaticiens et animateurs qui ont accompagné la naissance et la croissance de Tela-botanica ou Zyrist, organisme dédié à la recherche ouverte et à la Co-création qui promeut la recherche ouverte et la Co-création.

Parallèlement aux premiers exercices thématiques et ciblés de recherche ouverte, un effort semblable a porté sur les méthodologies scientifiques, les logiciels et les publications des artefacts ou de constats et d’analyse d’échecs (publier les analyses d’erreurs ou d’études sans réponse permet à d’autres de ne pas refaire les mêmes erreurs; ceci demande d’accepter de publier ses erreurs ou échecs dans le choix d’une hypothèse, d’un protocole ou de l’interprétation d’un résultat, ce qui n’est pas toujours facile).

Des échelles plus larges sont maintenant abordées, telles que celles des méta-données scientifiques [OpenResearch] ou des sources de financement [Document [PDF]].
In Peer Review Reviewed: The International Career of a Quality-control Instrument and New Challenges 24-25 avril 2008, Social Science Research Center Berlin (WZB), Berlin.

La science ouverte a ainsi généré des communautés « virtuelles » nouvelles, dont certaines s’organisent autour de portails généraux. ex:

  • Portail général de recherche collaborative [SysBorg TB Portal for Collaborative Research].
  • Outils de promotion de l’open science OpenScience.org – une organisation qui crée des logiciels scientifiques libres et ouverts et qui milite pour la Science ouverte
  • Mutualisation des financements: mise en relation via une plate-forme sécurisée de mécènes (bailleurs de fonds et de subvention se disant « philanthropes » qui « offrent » de l’argent sur la base d’une éthique solidaire) avec des scientifiques (jeunes talents éventuellement) et des groupes recherchant une aide scientifique pour répondre à des défis communautaires en matière d’ environnement, d’éducation, de santé environnementale, santé, sécurité publique, de gestion de fondation, de surveillance. par ex : Philoptima.org – Open Research Marketplace & Community.

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